2026 : Transmettre son histoire et s’alléger d’un poids

Milim, les petites histoires qui font la grande

Milim News
5 min ⋅ 31/12/2025

Chaque biographie familiale que nous réalisons chez Milim nous enseigne à quel point les générations se transmettent les fardeaux familiaux. En ne questionnant pas, en respectant certains secrets, en contournant les tabous, et souvent en répétant les schémas au moment de transmettre. Quelle que soit la famille auprès de qui nous travaillons, nous observons que ces mécanismes sont omniprésents, et que les jeunes générations transportent souvent des bagages émotionnels qui ne leur appartiennent pas. Jusqu’au jour où l’un des membres de la famille décide de faire autrement…
La biographie est l’un des moyens de sortir du silence, pour la personne qui raconte sa vie autant que pour celles qui l’écouteront ou la liront. Bien plus qu’un cadeau d’anniversaire ou de Noël, offrir une biographie à un proche se révèle généralement plus important que prévu, et surtout, c’est un cadeau fait à la famille élargie: en connaissant l’histoire de ceux qui vous ont précédés, vous vous donnez les moyens de commencer à écrire la vôtre en toute liberté.
Alors que 2026 est presque là, nous vous souhaitons d’entamer un nouveau chapitre de vie, qu’un jour, peut-être, vous raconterez à votre tour. Bonne année !

Elisa Azogui-Burlac et Myriam Levain

La sélection Milim

À lire: Adjugé vendu, de Guillemette de La Borie ( Calmann-Levy)
Elina, propriétaire d’un vieux château périgourdin, supervise sa vente avec détermination. Mais chaque objet raconte une histoire, chaque meuble révèle un fragment du passé. À travers eux se reconstitue
le puzzle des destins empêchés, des amours interdites, des secrets soigneusement enfouis de la famille de V, et se dessine une mémoire familiale portant encore les traces sanglantes des guerres. Mais qui est vraiment Pia, la jeune commissaire-priseur méticuleuse ? Qui se cache derrière cette société américaine, future propriétaire ? Et pourquoi Elina tient-elle tant à se débarrasser de son héritage ?

Pépé Jacques, de Laurie Cholewa et Jessica Cymerman (Robert Laffont)
Dans ce texte aux allures de journal, Laurie Cholewa remonte les traces de son grand-père, Yankiel Zylberberg, déporté lors de la rafle du billet vert, le 14 mai 1941. Beaune-la-Rolande. Pithiviers. Birkenau. Jawischowitz. Buchenwald. Theresienstadt. Tour à tour plombier, tailleur. Tour à tour seul, solidaire, seul à nouveau. Et puis la Libération, le trajet jusqu'à Paris, le mutisme, l'impossible retour à la vie. Avec ce
récit filial, Laurie Cholewa et Jessica Cymerman retressent les fils d'une histoire familiale emplie de vides et de silences.

L’Algérie, ma mère et moi, de Smaïn Laacher (Grasset)
« En 1952, ma mère quittait l’Algérie peu de temps avant la guerre d’indépendance pour suivre mon père en France. Je grandissais avec bonheur dans la langue française et l’école de la République, jusqu’à devenir aujourd’hui chercheur et universitaire. Ma mère, elle, est restée figée dans l’imaginaire de son pays de naissance. Entre sa terre d’origine et sa terre d’accueil, la greffe n’a jamais vraiment pris.  Au lieu de nous rapprocher, la France et l’Algérie nous ont éloignés, jusqu’à créer des frontières. Ce livre est né du désir irrépressible de comprendre pourquoi notre vision du monde était si radicalement éloignée. C’est donc à la fois en sociologue et en fils que j’ai tenté d’y répondre. J’ai longtemps observé ma mère en commençant par être attentif à nos mots, qui ont construit des murs entre nous, lentement, irréversiblement, des murs de silence et d’incompréhension.
Ce récit d'ego-sociologie est un voyage au cœur d’une relation troublée et inhabituelle entre un fils et sa mère. »

La cousine de Bordeaux, de Jean-Paul Malaval (Calmann-Levy)
Richard Valdemon retourne à contrecœur dans sa demeure familiale du Périgord après le décès de son père, Armand. Le jeune homme, qui a fui ses racines depuis de nombreuses années pour devenir architecte à Orléans, se retrouve unique héritier d’un patrimoine qu’il méprise. Mais l’exploration d’un mystérieux dossier familial va bouleverser ses certitudes.
À travers les pages se dessine le portrait d’Armand : sa vie professionnelle au sein d’une coopérative de producteurs de noix, son implication dans les milieux politiques, mais aussi une part plus intime et secrète. Richard découvre un homme bien plus complexe qu’il ne l’imaginait, mais aussi des pans de l’histoire familiale qu’il ne soupçonnait pas.

Une mère en fuite, Michka Assayas (Grasset)
« Ma mère a toujours été un mystère. D’origine hongroise, mariée en premières noces à un grand aristocrate de son pays, réfugiée en France après la Seconde Guerre Mondiale, naturalisée après son remariage avec mon père, elle m’a toujours donné l’impression que l’essentiel de sa vie s’était déroulé avant ma naissance. J’habitais dans un hameau de la vallée de Chevreuse avec mon père. Ma mère, elle, vivait à Paris. Elle venait régulièrement nous rendre visite. Dessinatrice de mode, créatrice de la première collection de prêt-à-porter pour la maison Hermès, elle a été pour moi un personnage insaisissable à la présence intermittente. Capable d’une vraie tendresse comme d’une grande froideur, elle m’a transmis le goût de la féérie et du merveilleux. Une exigence terrible. Et de nombreuses fragilités aussi. La découverte tardive de son journal intime, dans laquelle elle a fait le récit d’une grande passion malheureuse pour André Malraux, m’a permis de mieux comprendre ses zones d’ombre. Ma mère aura a été avant tout une grande amoureuse d’un autre temps, rêveuse, romanesque, assez seule, et vers qui aujourd’hui encore, et par les mots, j’essaie de tendre la main. »

Le chêne de Rhodes, saga d’une grande famille sépharade, de Vittorio Alhadeff (Ed. Lior)
De Rhodes, où il est né en 1904, à l’Argentine, en passant par Paris et Milan, Vittorio Alhadeff aura traversé le XXe siècle avec la grâce et l’aisance de ceux qui ont vécu une enfance heureuse au sein d’une illustre famille. Sans fausse modestie, il nous fait partager ses rencontres avec le maestro Arturo Toscanini, le Duce Benito Mussolini, Benedetto Croce qui l’incite à quitter l’Italie fasciste. Ce sera l’occasion d’un nouveau départ à Buenos Aires où le centre de gravité financier de la famille se déplace. Mais quelque chose s’était brisé entre-temps. De même que Vittorio nous fait partager le ressort intime de l’ascension d’une grande famille, il nous en confie la décadence.

À voir : Personne ne nous a vu partir, de Maria Camila Arias (Netflix)
Tirée d’une histoire vraie, cette mini-série retrace le combat de Valeria pour retrouver ses deux enfants kidnappés par leur père Léo hors du Mexique où toute la famille vivait. Une fuite en avant dans plusieurs pays, orchestrée par la puissante famille paternelle pour punir l’adultère de Valeria, dans le Mexique conservateur des années 60. La petite Tamara, alors âgée de 5 ans, a raconté ses souvenirs de cette folle cavale qui a duré deux ans dans un livre adapté à l’écran.

À voir au cinéma : Dites-lui que je l’aime, de Romane Bohringer
Romane Bohringer décide d’adapter pour le cinéma le livre de Clémentine Autain consacré à sa mère défaillante. Ce projet va l’obliger à se confronter à son passé et à sa propre mère qui l’a abandonnée quand elle avait neuf mois. Parallèlement à l’histoire de la petite Clémentine, on découvre la jeunesse chaotique de la mère de Romane Bohringer, dont l’enquête familiale bouleversante lui fait découvrir des pans inconnus de son histoire, et lui permet de comprendre la mère qu’elle est à son tour devenue.
En salles

Les enfants vont bien, de Nathan Ambrosioni
Un soir d'été, Suzanne, accompagnée de ses deux jeunes enfants, rend une visite impromptue à sa sœur Jeanne, qu’elle n’a pas vue depuis longtemps. Au réveil, Jeanne découvre sidérée le mot laissé par sa sœur : Suzanne a fait le choix insensé de disparaître, et ne peut donc pas être recherchée. Jeanne se retrouve obligée d’héberger les deux enfants alors qu’elle n’en a jamais voulu, et va progressivement
nouer des liens avec eux.
En salles

À écouter : Mon frère de droite, de Juliette Flamant (Arte radio)
Dans la famille de Juliette, son grand frère, régulièrement accusé d’être le facho de la famille, détonne avec le reste de ses membres. C’est aussi l’idole de sa petite sœur depuis leur enfance et,
dans ce podcast, elle cherche à comprendre ce qui l’a fait dévier d’un chemin tout tracé par leur milieu socio-culturel.

Best of 2026 : Réécoutez nos podcasts Milim

Dans C’est la famille, nous recevons une personnalité qui nous parle de son histoire familiale ou de son expertise sur le sujet de la famille. Nous poursuivons ainsi via ce podcast notre exploration des liens familiaux, que nous décortiquons dans tous les sens chez Milim.

Ecoutez les épisodes

Aux côtés de nos invités, nous explorons les identités séfarades dans toutes leurs nuances et leur complexité, si possible sans clichés, dans notre podcast La Vérité si je mens plus, en partenariat avec RCJ.

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Chaque mois, recevez dans votre boîte mail toutes les actus qui nous ont intéressées sur le thème de la mémoire et de la transmission des histoires, qu'elles soient individuelles, familiales, entrepreneuriales.
Parce que ce sont nos petites histoires qui font la grande.

Par Elisa Azogui-Burlac et Myriam Levain

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