Kessel

Interviewer ses proches, mission impossible ?

Milim, Vous racontez, Nous écoutons, Vous transmettez

Milim News
4 min ⋅ 27/08/2026

Lorsque nous rencontrons des clients pour la première fois, une phrase revient souvent : « Il/Elle n’a jamais rien raconté. » Juste après, généralement, surgit une autre phrase : « Je n’ai pas réussi à lui poser les bonnes questions. » En famille, il est très facile de parler du quotidien et de toutes sortes de banalités, mais il est souvent compliqué d’aborder les sujets intimes ou pire, les sujets douloureux. Pourtant ce sont précisément ces réponses dont on a besoin pour avancer, mais aussi pour pouvoir transmettre l’histoire de sa famille un jour. Ce sont également les épisodes marquants d’une vie – et pas nécessairement les plus heureux – qu’on a envie de connaître quand on aime quelqu’un.

Notre travail chez Milim est de poser les questions à votre place, parce qu’il est bien plus facile de parler de sujets intimes à des tierces personnes – nous –, surtout quand c’est leur métier. Nous avons l’expérience de l’entretien intime, et, guidées par les familles avec qui nous travaillons, nous savons quels sujets aborder, même quand ils ne sont pas simples.

C’est pourquoi nous avons décidé de remettre l’entretien intime au cœur de notre offre Milim. Que le support final soit un livre, un podcast ou une vidéo, ce que nous proposons est avant tout une rencontre avec une personne à qui nous allons donner l’opportunité de se raconter pour transmettre son histoire, et qui pourra choisir de la raconter via la voix, l’image ou l’écrit. 

Elisa Azogui-Burlac et Myriam Levain

La sélection Milim

À lire: Le pays des étés, de Pierre Adrian (Gallimard)
Alors que sa grand-mère vient de mourir, le narrateur retrouve sa famille dans la maison bretonne de son enfance. Peu après, celle-ci est mise en vente. Entre sentiment de dépossession et trouble provoqué par les nouveaux occupants, une menace plane désormais sur le pays des étés…
Un roman sur les lieux qui nous habitent et les souvenirs qui nous font.

Vivre sans bonheur et n’en point dépérir, de Véronique Ovaldé (Flammarion)
Dans ce nouveau
roman autobiographique, Véronique Ovaldé fait le portrait de sa mère et interroge la mémoire familiale faite de silences. En lui inventant d’autres vies plus heureuses, elle découvre une femme à la bonté rare et dont le renoncement n’a pas, malgré tout, éteint la joie.

À voix haute, de Polina Panassenko (L’olivier)
Une apprentie actrice ayant grandi en France retourne en Russie chez son grand-père pour entrer à l’École du Théâtre National de Moscou. Chez lui, elle découvre des objets qui vont se transformer en éléments d’enquête. Quels secrets cachent les photos de l’album vert ? Pourquoi ne faut-il pas parler près de la porte d’entrée ? Dans
ce roman, Polina Panassenko plonge dans l’héritage d’un pays, mettant au jour des vies brisées par le Goulag et la peur qui se transmet d’une génération à l’autre.

C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien (Grasset)
Après l’embrasement de son quartier de Port-au-Prince, Jonas n’emporte presque rien avec lui en quittant Haïti : un diplôme, un cahier de poèmes, la photo de sa mère. Toute une vie dans un sac plastique. Se réfugiant d’abord en République dominicaine, puis au Brésil et au Mexique, ce professeur d’histoire franchit les frontières tantôt à bord d’un autobus surchauffé, tantôt en affrontant les profondeurs de la jungle. À chaque étape des visages surgissent, des corps tombent, des solidarités se nouent puis se brisent. Dans l’espoir d’atteindre le Canada et le peu de famille qu’il lui reste, Jonas se retrouve aux portes des États-Unis, seul face aux agents de l’ICE et d’une administration prête à tout pour mener sa chasse aux migrants.
Le roman phénomène de cette rentrée littéraire.

Les traversées, de Flora Blanco Folch (L’archipel)
Retraçant le parcours de vie rocambolesque de son arrière-grand-mère paternelle, partie à 18 ans de Galice pour le Brésil, Flora Blanco Folch redonne vie à ses ancêtres, paysans galiciens partis " se chercher une vie " en Amérique du Sud.
Une enquête sensible et délicate, à la portée universelle, sur une histoire familiale tissée par l'émigration et les traversées.

Le septième siffleur, de Colin Niel (Seuil)
Dans les Highlands écossais, sur une exploitation agricole en difficulté, vivent Fiona, son mari éleveur et leur fils adolescent, dont la vue décline. La baie de Somme est le terrain de chasse de Willy, qui espère un jour transmettre à son petit garçon sa passion pour le gibier d’eau. Au Maroc, la Merja Zerga voit naviguer touristes, guides ornithologiques et le jeune Hamza, qui donnerait tout pour s’échapper, migrer loin de là où il est né. Dans ces mêmes lieux, chaque année, fait escale un oiseau en déclin, le courlis cendré.
Sous les battements d’ailes de cette espèce vulnérable, ce sont
trois récits de filiation, de transmission et de réconciliation qui s’entrelacent, au plus près de familles issues de territoires très différents, qui doivent pourtant composer avec la même réalité : celle d’un monde qui change.

La dernière des Wilberforce, de Julia Kerninon (L’iconoclaste)
Dix ans après l’avoir quittée, Waldo revient sur la presqu’île à l’invitation de sa mère, Diane Schnabel, écrivaine célèbre. Dans la maison achetée au lendemain de son premier succès, elle organise une réception d’été fastueuse, comme un défi lancé au passé. Mais à mesure que la nuit tombe, la fête se fissure et devient un théâtre de confrontations : chacun est forcé de regarder en face ce qu’il a fait, ignoré ou tu.
Cette grande traversée explore la densité et la violence des liens : la famille, l’amitié, la sororité, les alliances et leurs angles morts, le besoin de réparation et le désir de libération. 

Les sangs bleus, de Sarah Bourre (Grasset)
Un déjeuner de famille, à Prague, un jour de soleil d’hiver givré. D’un côté, un frère et une sœur, jeunes adultes, et leur mère qui les a suppliés d’honorer ce voyage chez ses parents, loin de Paris et de leurs vies, pour acclamer leur oncle nommé au gouvernement. Leur père, auvergnat et artiste, est mort quelques mois plus tôt. Sa belle-famille l’a toujours rejeté parce qu’il n’avait pas leur sang bleu. De l’autre, la famille aristocratique  : un grand-père fier de lui, une grand-mère rigide et glaciale, un oncle ivre de son pouvoir. Dans ce texte court et brutal, Sara Bourre explore les silences des familles et fait monter la tension jusqu’à faire éclater le vernis des convenances.

Le nénuphar, d’Alexandrine Descotes (Le Bruit du monde)
En 2007, à l`âge de 18 ans, Alexandrine Descotes se demande pour la première fois pourquoi elle, son frère et sa sœur sont nés triplés par fécondation in vitro. En quête de réponses, elle se tourne vers ses grands-parents paternels. Colette, sa grand-mère, entrouvre alors la porte d`un
secret familial longtemps tu.

À voir: Ce qui reste des amours de nos mères, de Cathy Dubois (France Télévisions)
"Dans la France des années 50, avant le temps des indépendances, ma mère, blonde aux yeux bleus, a aimé un beau Sénégalais. Il a disparu avant ma naissance. De lui ne me restent que la couleur de ma peau et les rencontres hostiles ou amicales qu’elle a suscitées. C’est dans ce commerce social que mon regard s’est formé, et que mon imaginaire s’est nourri.
Ce qui reste des amours de nos mères est une exploration de cette africanité qui est le territoire de mon identité rétive à toute étiquette. Un territoire sans frontière, porté par des images de la Bretagne, de mer et de bateaux rentrant au port. Un territoire où se mêlent le jazz de Jacques Schwarz-Bart, les bruits de la ville, le souffle du vent et le ressac des vagues."

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Vous aimez une photo de votre famille et vous voulez la partager? Envoyez-la nous, accompagnée d’une petite note vocale nous racontant l’histoire de la photo, et nous la posterons sur notre compte Instagram. Parce que l’intime est universel, chaque photo partagée résonne chez les autres…

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Par Elisa Azogui-Burlac et Myriam Levain



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